jeudi 18 décembre 2008

Dernières nouvelles du front...

Dix jours déjà que j'ai retrouvé la France, Paris, le froid, la grisaille, le travail, la pagaille. Rien de bon qui vaille en somme. Rien ? Vraiment ? Mais si... maintenant que j'y pense, il y a les amis...et Florent, mon fils chéri !

Alors, voilà pour tous ceux qui ont eu la curiosité et la gentillesse de suivre ce périple de 5 petites semaines, et qui m'ont encouragée de leurs commentaires et de leurs mails (parfois acerbes voire sarcastiques), pour les rencontres aussi, j'ai mis quelques photos en ligne.

J'oubliais,j'ai eu l'occasion de relire "Voyage au bout de la nuit" et plusieurs phrases ont réveillé ma conscience, je voudrais en partager quelques unes avec vous, presque au hasard :

"L'amour c'est comme l'alcool, plus on est impuissant et soûl et plus on se croît fort et malin et sûr de ses droits"...

Ou encore, "Pour une garce c'en était une vraie(...) dans cette cuisine là, celle du derrière, (...) la coquinerie après tout, c'est comme le poivre dans une sauce, c'est indispensable et ça lie."

Et pour conclure : "Deux années, c'est le délai qu'il faut pour nous rendre compte, d'un seul coup d'oeil, intrompable alors comme l'instinct, des laideurs dont un visage, même en son temps délicieux, s'est chargé"...

C'est tout pour l'instant... Non, c'est faux, j'oubliais rendez-vous à New-York en avril...


Revenons à nos moutons : le lien vers l'album photos devrait se trouver à droite de ce message, si j'ai bien tout compris... Mais rien n'est moins sûr ! Alors enjoy !

lundi 8 décembre 2008

Gokarna, Bombay, Paris









Le voyage de retour de Gokarna a Bombay, sans être triste, avait une saveur particulière. Je quitte la plage de Kudle sac au dos, prête à affronter le sentier de 2 km qui mène à Gokarna. Laura, elle, restera jusqu'en janvier, puis rejoindra Madras pour ne quitter l'Inde qu'en mars.
La petite Gokarna se réveille, les temples bruissent déjà des premières prières, les pélerins venant avec les offrandes rituelles.
Dernier voyage en train jusqu'à Goa, traversée en taxi pour rejoindre l'aéroport qui se trouve a 40 km de la gare. Goa grande ville du Sud, bruyante, poussiéreuse, et animée se prépare, pour l'arrivée des masses de touristes qui viennent y passer les fêtes de fin d'année, la house, les raves, la bière seront à l'ordre du jour.

L'avion de la Spicejet décolle à 15h30, une heure plus tard alors que l'atterrissage se prépare, depuis les hublots de l'avion j'aperçois le bidonville de Dharavi qui s'étend sur des dizaines de kilomètres jusqu'au bord des pistes de l'aéroport domestique et de l'aéroport international...
Dharavi c'est une ville dans la ville, ou vivent et travaillent entre 600 000 et 1 million de personnes.
Mais, ce bidonville s'est développé sur une terre convoitée par les promoteurs immobiliers, il est extrêment bien situé près des gares de Bombay et des aéroports... Depuis avril 2008, des milliers de familles auraient été expulsées, d'autres ont obtenu des promesses de relogement dans le nouveau quartier. Tout ça afin de permettre la construction d'immeubles qui feront le bonheur des promoteurs et des classes moyennes et aisées de Bombay. Ce projet immobilier remet en cause la vie de cette cité de Dharavi qui, jusqu'à il y a peu et contrairement à ce qu'on pourrait penser, vivait en autosuffisance et comptait de nombreuses petites entreprises prospères de cuir et de textile notamment...

L'armée veille sur l'aéroport, sacs de sables entassés, fusils mitrailleurs, surveillance vidéo accrue chaque personne entrant ou sortant de l'enceinte de l'aéroport est filmée. Je rejoins l'Hotel Orchid en voiture, à l'arrivée le véhicule, mes bagages sont fouillés par des "Hunters" (chasseurs) "aux mines pas tibulaires mais presque", l'heure n'est pas à la plaisanterie...
L'Orchid est immense, luxueux. En tongs, bermuda et sac à dos poussiéreux, je détonne un brin parmi la clientèle d'hommes d'affaires et de touristes citadins. Qu'à cela ne tienne, je n'ai qu'une idée en tête dès que je rejoins ma chambre immense : prendre un bain, un bain chaud et me détendre enfin après cette journée de voyage...
Diner tranquille sur le toit terrasse de l'hotel offrant une vue magnifique sur une partie de Bombay. Grasse matinée, petit déjeuner au lit : le luxe quoi !

Les journaux annoncent que la sécurité a été renforcée dans les aéroports de Bombay, Chennai (Madras) et Bengalore, il faut être impérativement à l'aéroport 3 heures avant le décollage.
Et là, c'est hallucinant : tous les passagers sont fouillés, bagages passés aux rayons X, jusque là rien de plus normal. Mais les contrôles s'intensifient et se succèdent, je passerai par 7 fouilles successives entre l'enregistrement et la l'embarquement. C'est beaucoup, c'est énervant et stressant car à chaque fois il faut déballer son sac, se déshabiller, remontrer ses papiers, attendre d'être tamponnée. Sportif le départ.

Décollage à 14 heures, un dernier regard sur Bombay et les souvenirs de ces 5 semaines passées en Inde reviennent immédiatement, souvenirs de couleurs, d'odeurs, de sourires, de scènes magnifiques et de rencontres. Après une escale d'une heure trente à Londres, j'arrive enfin à Roissy à 22h30, fatiguée mais contente. Et surtout avec une furieuse envie de repartir l'année prochaine, en moto, vers le Népal, le Ladakh, le Tibet et pour finir sur les Iles Andaman...Le rêve est permis !

mercredi 3 décembre 2008

Dernieres heures a Gokarna









Voila, demain je quitterai Gokarna par le train de 10h30 pour Goa qui est a 150 km d'ici. Ensuite, direction l'aeroport, mon avion decolle a 15h30 pour Bombay, arrivee prevue a 16h30. Et la, je me fais un petit plaisir, je dors a l'Orchid, Hotel 5*****. Apres avoir chasse une araignee enorme de ma couche, j'ai reve d'un vrai bon lit cette nuit, dans une vraie belle chambre et comble du luxe, avec une baignoire... Alors ce matin, j'ai craque et profite d'une super promotion ! Y'a quand meme pas de mal a se faire du bien, surtout quand on a du mal a rompre completement avec son confort "petit bourgeois". L'hotel est a quelques kilometre des aeroports, donc pas de galere d'embouteillages et grasse matinee possible le 5 decembre...
Mais avant tout ca, il reste une derniere soiree, un dernier coucher de soleil venant en point d'orgue apres une journee magnifique. Balade dans Gokarna, puis longue marche sur les plages. Arret a Om beach pour un excellent et rafraichissant jus de citron a la menthe fraiche (un regal), une fois a Half Moon, toujours deserte, dejeuner de fruits frais achetes a une petite mamie sur la plage : papaye, ananas et bananes. Le reve quoi ! Maintenant, a l'heure du diner, il ne reste plus qu'a savourer quelques gambas et autres poissons peches du jour... Allez, namaste !

lundi 1 décembre 2008

Balades de plage en plage




Finalement, nous rejoindrons Paradise beach a pieds plutot qu'en canot, c'est decide. C'est une balade de deux heures environ, quand on se perd pas en cours de route... Ce qui arrive fatalement, les sentiers etant multiples et surtout, pas balises... C'est neanmoins extrordinaire, on passe de la jungle mysterieuse, assez inhospitaliere, a des falaises arides a pic, puis lorsqu'on ne l'espere plus, on tombe sur une plage splendide comme Half moon... Et la, on a juste envie d'y rester, de ne plus bouger. Baignade, dejeuner de fruits frais, bain de soleil. La plage est restee deserte toute la journee, il faut dire qu'en dehors d'une dhaba, il n'y a rien pour attirer le touriste. Bien fait ! Malgre tout nous irons jusqu'a Paradise beach bien decevante. Elle n'a de paradisiaque que le nom. Retour quasi immediat, enfin apres un chai quand meme, a Half moon. Malheureusement, vers 16 heures il faut quitter la plage, il n'est pas question de se laisser surprendre par la nuit. De retour a Kudle pour le coucher du soleil et les jeux de plage, ce soir ce sont les jongleurs et les tablas qui font l'animation : journee geniale. Allez, Namaste !

Half moon beach





La plage en demi lune, minuscule, deserte, absolument deserte, bordee de rizieres...

Om beach




Plage de sable blond coupee en deux par une bande de terre. Peuplee de cheveux longs et de guest-houses accueillantes.

Kudle beach

Longue plage de sable blond, peuplee d'etres etranges, certains sont la depuis des annees et cherchent a etre plus indiens que les indiens eux-meme...

dimanche 30 novembre 2008

Gokarna, Kudle, Om que choisir ?






J'ouvre un oeil a midi, reveillee par le soleil, la chaleur et tenaillee par la faim. J'avoue qu'a mon corps defendant j'ai commis quelques exces hier soir. Debut de soiree pourtant calme, tranquille devant un chai en attendant l'heure de diner, mais ma douce quietude a ete troublee par Ann, une canadienne anglophone de Vancouver et la venue de Laura au Sunset cafe... Arrivee dans l'apres-midi, elle vient de Goa qu'elle a deserte les prix des chambres devenant prohibitifs avec l'arrivee massive de touristes venant y passer les fetes de fin d'annee. Elle en a profite pour donner sa Enfield a la revision des... sans doute 100 000 km. Apres un repas serein et anime de rires et d'echanges d'anecdotes de voyages des unes et des autres, Laura a propose de deguster un Bang (melange de plantes aromatiques), curd (fromage blanc frais) et honey (miel)... Et la, c'est le drame du "qui n'en veut des coups de poings dans les yeux ?". Bilan des courses, poker d'enfer, fous rires assures, et un je vais "yaye" balbutie a trois heures du matin alors que j'etais dans ma chambre... Voila pour a petite histoire.

Apres un copieux petit dejeuner, balade dans Gokarna qui rappelle que nous sommes en Inde, dans une petite ville qui compte un nombre impressionnant de temples, de pelerins et de croyants. Les temples sont d'ailleurs interdits de visite aux etrangers. Les gaths magnifiques bordant un petit lac, a l'ecart de la rue commercante, accueillent encore dans l'apres-midi les offrandes et les pujas (prieres) des fideles. Un peu de spiritualite ne nuit pas, bien au contraire.

Marche de fruits, goyaves, papaye, bananes, grenades, ananas et miel Himalaya pour agrementer le curd de ce soir, longhis, et tee-shirts. Puis baignade a Om beach jusqu'au coucher du soleil. On n'a pas une vie facile tous les jours !

Au programme de demain si la mer le permet, canot jusqu'a Paradise beach a quelques kilometres de Kudle, et baignade sans aucun doute... J'essaierai aussi de trouver un cyber pourvu d'anti-virus afin de poster mes photos, ca ne va pas etre simple... Namaste !

samedi 29 novembre 2008

Kudle et Om beach : shanti, shanti

Reveillee aux aurores par une fine pluie qui traverse le toit en palme de la hutte... Douche en plein air sous la meme pluie, c'est grisant ! Ainsi commence mon sejour a Kudle. La pluie bienfaisante cesse vers 9 heures, bienfaisante car il fait vraiment tres chaud et tres humide.
Je change de guest-house, non pas que la hutte ne soit pas bien, mais j'ai egoistement envie d'une salle de bains rien qu'a moi ! Et pour quelques roupies de plus, j'en ai meme une carrelee...
Balade dans Gokarna, achat d'une nouvelle torche, la mienne a rendu l'ame cette nuit et c'est indispensable ici, le courant est tres alternatif ! Gokarna respire la quietude et pousse a etre zen, pas de bruit en dehors des sonnettes des velos, pas de harcelement de vendeurs, c'est shanti, shanti (paisible).
Je marche ensuite jusqu'a Om beach a 20 mn de Kudle, plus petite que cette derniere, Om est presque plus belle encore avec ses rochers arrondis a fleur d'eau. Je passe la fin de journee entre baignade, lecture et discussions sur le sable chaud. Un emploi du temps surcharge en somme.
Ce soir au coucher du soleil, jeux de bolas enflammees sur la plage (ca me rappelle Koh Tao), jongleurs, fumeurs de joints, guitare, bref ambiance baba a fond. Allez namaste, c'est l'heure du diner.

vendredi 28 novembre 2008

Kudle beach se merite !





Epique epoque ? Voyage epique ? Les deux sans doute... Il m'aura fallu plus de 48 heures pour atteindre le but que je m'etais fixe : Kudle beach. Si ca n'a franchement pas ete de tout repos, je ne regrette rien de ce periple de plus de 2 500 kms en train et bus local entre le Rajasthan et le Karnataka en passant par Magdaon (Goa).
Ni le stop de 12 heures a Bombay en pleine torpeur suite aux attentats, ni le voyage en train "sleeper" cette nuit, toutes fenetres ouvertes, sans air conditionne, "bercee" par les ronflements de mes bruyants compagnons indiens. J'ai sympathise avec un vendeur de Chai, Mantu Singh, qui m'a nourrie et abreuvee a l'oeil durant le voyage, samosa, beignet de pommes de terres, oignons, piments et chai bien sur. Il faut dire que j'etais la seule occidentale du wagon, il m'a prise sous son aile protectrice et on a bien rigole !
Je ne regrette pas non plus la panne de bus local qui nous a immobilises sur la route entre la gare et la petite ville de Gokarna distantes de 10 km, ni meme les 2 km a pied, sac au dos, incontournables pour atteindre la plage. de Kudle Ce fut epique vous dis-je !
Enfin, j'y suis et j'y reste ! Kudle beach retiree, calme et paisible pour le peu que j'en ai vu avant le coucher du soleil. J'ai trouve une hutte face a la plage au Sunset cafe pour 100 Rps (1.5 euros) confort sommaire, douche en plein air, mais ca devrait aller pour les 5 jours que je compte passer ici. De plus, la cuisine toute simple est succulente.

Le Karnataka, et surtout Gokarna, offre une rupture saisissante avec le Rajastan. Jungle, cocotiers et rizieres a perte vue, les plaines arides de la vallee du Gange, ou de Pushkar et Jodhpur sont loin derriere. Gokarna est une bourgade paisible et, chose etonnante, je n'ai pas entendu un coup de klaxon depuis pres de 3 heures, c'est... trop bon.

jeudi 27 novembre 2008

27 novembre a Bombay : etat de siege






Je pensai que la journee passee a Bombay me permettrait de suivre les traces de Gregory David Roberts - auteur de Shantaram - dans Colaba et de retrouver les cafes qu'il frequentait, les lieux et ambiances qu'il decrivait. Il n'en sera rien.
Cette nuit, alors que j'etais dans le Ranakpur express, une serie d'attentats a eu lieu en pleine ville. A la gare centrale, a l'aeroport domestique de Santa-Cruz, a Colaba dans le Sud de la ville,etc. L'arrivee a la gare est agitee, si les traces des attentats ont disparu, les militaires encerclent la place face a la gare, des fouilles minutieuses ont lieu, tous les commerces alentour sont fermes par ordre du Commissariat central, un calme etrange et deroutant regne sur ce quartier de la ville en etat de choc. On n'entend que les sirenes des ambulances et les voitures de police. Certains touristes qui se pressent au guichet des reservations destines aux etrangers, racontent ce qu'ils ont vecu hier dans le quartier de Colaba, c'est impressionnant.
Des terroristes, encore en fuite, occupent pour certains l'Hotel Taj, d'autres ont pris des otages a l'Oberoi, ce qui explique qu'il est deconseille, voire impossible, de quitter le quartier de la Gare centrale seul quartier, a priori, securise. Impossible d'envoyer sms ou d'appeler depuis le portable. Apres une heure de vaines recherches, je trouve un cyber, pris d'assaut par les touristes essentiellement, qui veulent rassurer leurs proches. Bref, tout ca pour dire que je vais bien... dans cette ville en etat de siege.
J'ai reussi a m'echapper du quartier de la gare pour quelques heures jusqu'au coucher du soleil, direction Chowpatti beach a 2 km de la. Passer un peu de temps sur cette plage, quasi deserte aujourd'hui, m'a un peu detendue. Un peu seulement car l'armee quadrille la ville, des camions lourdement armes circulent toutes les 2 mn sur la promenade du bord de mer, la tension est palpable. J'ai achete le "Times of India" son titre eloquent "It's war on Bombay" qu'on peut traduire par c'est la guerre a Bombay resume l'ambiance ici. Les journaux televises diffusent en boucle des images des attentats et des nouveaux tirs qui ont lieu...
De retour a Central station, j'ai hate de sortir de ce guepier. Encore 4 longues heures avant le depart du train pour Goa... La gare recoit la visite d'un officiel venu rendre un hommage posthume aux victimes de la fusillade de la veille. A suivre.

mardi 25 novembre 2008

En route pour le Karnataka

Derniers instants a Jodhpur. Derniere balade au Sadark market, toujours aussi vivant meme a 10 heures du matin alors que la ville sort tout juste de sa torpeur nocturne. Achat de fruits : bananes, grenades, goyaves feront l'affaire. Pour le reste, j'acheterai des samosas aux marchands ambulants, dans le train. J'ai hate d'y etre et en meme temps cette route vers le Kerala indique que mon voyage touche bientot a sa fin. Dans 10 jours je serai a Bombay et attendrai d'embarquer dans l'avion qui me ramenera vers Paris via Londres. Pas bien envie !
Une greve nationale se prepare pour le 28 novembre dans les Caisses d'epargne, le but du jeu ? Obtenir des revalorisations de salaire decentes. Je serai de tout coeur avec mes camarades, les doigts de pieds en eventail, certes, mais mes pensees les accompagnent malgre tout...
Ce moment de lucidite passe, je retourne a mes preoccupations du moment. Une fois a Gokarna, direction Kudle Beach qui est, a priori, magnifique. La, j'essaierai de m'y trouver un bungalow sur la plage pour 6 nuits...
Prochaines nouvelles le 28 ou le 29 novembre. Namaste !

Un avant gout de Bollywood




Hier soir, la fanfare accompagnant un cortege de marie est passe sous les fenetres du Laxmi Niwas, sympa, bruyant et vivant ! La tradition veut que le marie a cheval traverse son quartier, escorte comme il se doit, et aille ensuite rejoindre sa future epousee qui l'attend deja sagement a la maison...

Derniere journee a Jodhpur, j'ai decide de me la couler douce. Au programme : marche bien sur. Achat de fruits, bananes, goyaves delicieusement sucrees. Mais aussi de nouveaux epices a Dal, des lentilles jaune. Assiettes a thali et bols a servir... Ca sent la cuisine indienne au retour !

Romeo m'a donne au petit dejeuner l'adresse d'un cinema a quelques minutes de la tour de l'horloge, le temps de prendre un rickshaw, j'y suis. La seance est a 12h45. Je demande a l'ouvreur de me conseiller un film, il y en a deux. Dostana me dit-il, alors va pour Dostana... A priori c'est un remake d'un Bollywood des annees 80. Il y a 3 types de prix en fonction du placement dans la salle : 80, 100 et 125 Rps. Ce qui est assez cher au regard du salaire moyen annonce en Inde qui est aux alentour des 2500 RPs en ville - environ 45 Euros, beaucoup moins dans les campagnes. Je prends une place Platinium, 125 RPs au fond de la salle.

Le spectacle n'est pas qu'a l'ecran, il est surtout dans la salle. Sifflements a la vue des pectoraux des 2 acteurs principaux body buildes et americanises a fond. Applaudissements et emoi lorsque l'heroine devoile son ventre lors d'un choregraphie delirante. Bebes qui piaillent, car ils sont la aussi. Portables qui sonnent... Un grand moment, bon ca n'est pas un film d'art et essai non plus, pas besoin de trop de concentration pour suivre... Les acteurs jouent comme dans les films muets, forcant le trait pour que chacun comprenne bien les emotions qu'ils expriment. Imaginez un instant l'expression du desir : l'oeil sombre qui frise, le sourire ultra bright charmeur...J'adore, c'est un pur delice, j'ai l'impression d'avoir regarde une pub de deux heures pour "Parce que je le vaux bien" , le second degre en plus. Les acteurs parlent "l'Hindglish" mi anglais, mi Hindi c'est plutot drole et ca permet de suivre le film.
J'oubliais, l'action se situe a Miami, Floride. Mais le film a entierement ete tourne a Bombay, les plages, paysages et scenes d'exterieurs ne sont que des films defilant derriere les acteurs, ce qui parfait le spectacle...
Pour ceux que ca interesse le site officiel de Dostana dont je me garderai de devoiler l'intrigue, o combien passionnante : http://www.dostanathefilm.com/

Voila, de retour au Laxmi Niwas je vais preparer mon sac pour le long voyage Jodhpur, Bombay, Goa, Gokarna que j'entamerai demain apres midi. Une fois a Goa, j'aurai fait le plus dur, Gokarna n'est plus qu'a deux heures de train...

lundi 24 novembre 2008

Jodhpur toujours...






Une nouvelle journee a Jodhpur commence par une apre discussion avec "Romeo", de son nom indien Rajiv, il trouve Romeo plus fun. C'est le cousin du proprietaire de la Laxmi Guest-house. Il a envie de me parler de lui. Pourquoi pas? Il a 23 ans, pas marie et pas presse de l'etre, a priori, il prefere les relations avec les touristes... Nous y venons ! La conversation devie sur la prostitution, et notamment celle des jeunes indiens qui plaisent beaucoup aux russes, et aux occidentales. Moyennant quelques centaines de roupies, ils acceptent d'enseigner le Kama Sutra aux femmes en mal de fantaisie et s'emploient assez facilement a les distraire pendant une nuit ou la duree de leur voyage si affinite.
Je savais cette pratique courante en Asie, mais elle l'est aussi en Inde, d'autant plus que les indiens n'ont, normalement, pas le droit de se toucher avant le mariage. La chasse aux femmes delurees est donc ouverte... Et comme me dit Romeo : "If you have money you get honey" ou "si tu as l'argent tu obtiens le miel"...

Je prends ensuite le bus local pour Mandore. Facile a trouver c'est le bus Num 1, pour 7 Rps. au lieu des 100 demandes par les rickshaws et c'est beaucoup plus sympa. Mandore n'est qu'a 9 km du centre de Jodhpur, et les jardins en terrasse a flanc de roche sont un bon lieu de detente. Au milieu du jardin, les Temples ocre rouge entoures de flamboyants, les singes qui s'y ebattent aux cotes des chevres, on est bien loin de la frenetique Jodhpur. Un peu a l'ecart des Temples, se trouve le mur des 15 heros. Ils ont ete sculptes a meme le roc, enduits et peints ensuite de couleurs vives. Un couple venu faire benir son nouveau ne par une deesse me demande de le prendre en photo. Je m'execute avant de croiser un charmeur de cobra... Moment de detente, une bonne heure dans l'herbe a lire quelques pages de "Loin de Chandigard", un roman de Tarun J Tejpal genialement ecrit. J'y retrouve un peu de ce que j'ai vu ou vecu comme experiences en Inde.

Direction le Umain Bhaman Palace Museum, construit par 3 000 ouvriers qui y ont travaille pendant 15 ans. Il est la propriete du Maharaja de Jodhpur qui en occupe encore une partie, une autre etant un hotel. Le musee que je viens visiter herite de la portion congrue et franchement : je regrette le deplacement.

Au retour, arret au Prya restaurant, bruyant, tres bruyant meme, il donne sur la rue, mais gage de qualite les clients locaux s'y pressent. Et, de fait, le thali est excellent, c'est le meilleur que j'ai mange depuis mon arrivee en Inde : Dal -soupe de lentilles jaune a la coriandre et aux epices - channa paneer Masala - pois chiche au fromage frais et epices - chapati et Dundi Raita - yaourts aux lentilles jaune. Le chutney a la mangue qui accompagne le tout est a se damner...

Je viens de trouver un vol Goa - Bombay pour le 4 decembre. La compagnie Spice Jet pratique des tarifs imbattables et semble sure... 44 dollars, c'est une bonne depense pour s'economiser quelques 12 heures de train... Decollage a 15h30 et, si tout se passe bien, atterrissage 16h30... Reste a trouver un hotel a Bombay pour la nuit du 4 au 5 decembre.

Les elections ont lieu dans tout le pays le 4 decembre, on sent la pression monter. Des bandes de gamins, entre 10 et 12 ans, vraisemblablement payes quelques roupies, se pressent dans les rues, distribuent tracts et casquettes, en scandant le nom du parti et des candidats se presentant... Des rickshaws equipes de megaphones circulent un peu partout. Etonnant, d'autant plus que les indiens disent que leurs politiciens sont tous corrompus, et s'en sont mis plein les poches jusqu'a present. Et que ca n'est pas pret de changer... Si j'ai bien suivi, deux principaux partis se disputent les siege de l'Assemblee du Rajsthan, le BJP represente par une fleur, le parti du Congres par une paume de main. Sous toute reserve...